Les financements

Capitaux de départ, investisseurs, subventions, prêt ou capital investissement : vous disposez d’une multitude de possibilités, en fonction du niveau de maturité de votre projet.

Capitaux

Les capitaux de départ

Ces capitaux vont vous permettre de faire face aux premières dépenses de l'entreprise et de financer ce qui l'est difficilement par le système bancaire, notamment le besoin en fonds de roulement. Les fonds propres apportent une base solide au projet et permettront de séduire les différents organismes financiers – comme les banques – susceptibles d'apporter d'autres sources de financement : Les fonds propres, essentiels pour se lancer dans un projet d'entreprise, sont les financements apportés par les fondateurs d'un projet. Ils peuvent avoir une origine interne – économies personnelles, financement par les proches sous forme de dons ou prêts – ou externe : financement participatif, prêt personnel.

Financement par les proches

L'entourage s'avère souvent être un soutien de taille pour les entrepreneurs, moral et financier. Il y a cependant quelques formalités à remplir pour être en règle avec l'administration fiscale et poser un cadre légal sur un prêt familial privé, afin de se protéger et éviter toute discorde. Un acte « sous seing privé » peut être établi entre les deux parties.

Prêt d'honneur

Le prêt d'honneur est un prêt sans intérêts ni garanties. Il s'adresse aux créateurs et acheteurs d'entreprises qui soutiennent un projet convaincant. Ce type de prêt est accordé par de nombreux organismes, souvent financés en partie ou dans la totalité par l'État ou les collectivités territoriales. En Polynésie française, ce type de prêt est accordé par Initiative Polynésie qui dans le cadre d'un accord, peut proposer un accompagnement avec un « parrain », qui suivra le porteur du projet à ses débuts.

Prêt personnel

Le prêt personnel est une autre forme de financement des fonds propres. Octroyé par la banque, il est souvent utilisé lorsque le porteur de projet travaille déjà et dispose donc d'un revenu.

Financement participatif

Le financement participatif s'organise autour de 3 principaux types de financements :

  • Le financement par don : avec ou sans contreparties, pour les microprojets ;
  • Le financement par prêt : prêt participatif avec ou sans intérêts ;
  • Le financement par investissement : somme financière engagée en échange de titres financiers. En Polynésie, la plate-forme Invest in Fenua offre la possibilité d'accéder à ce type de financements.

Investisseurs potentiels

Ce type de financement des fonds propres consiste à rechercher des personnes ou institutions susceptibles d'investir dans votre entreprise à sa création. Qui sont ces investisseurs ?

Love money (3F)

La « love money » est un apport financier de la part de vos proches (entourage, amis, famille). Cette participation implique une souscription au capital de l'entreprise (S.A.R.L., S.A.S. ou S.A.) et attribue des droits aux financeurs, qu'on appelle aussi les 3F : family, friends & fools (famille, amis et passionnés).

Ce type de financement offre la possibilité à vos proches de vous soutenir financièrement sans devenir majoritaire.

Business Angels

Les Business Angels ou « investisseur providentiel » en anglais, financent principalement les jeunes projets, innovants, à fort potentiel de développement. Ils sont souvent d'anciens entrepreneurs expérimentés souhaitant soutenir les nouvelles générations d'entrepreneurs et offrent, en plus des fonds propres, une expertise, un réseau et des compétences à disposition de l'entreprise.

Capital-risque

Le capital-risque est une forme d'investissement visant les entreprises innovantes à fort potentiel de développement ou les entreprises cherchant à se développer. Le principe repose sur une souscription au capital de l'entreprise (non cotée en bourse) en échange d'importants apports en fonds propres. La Sofidep propose une offre de fonds propres et quasi-fonds propres pour les startups et sociétés innovantes polynésiennes.

Les différents prêts

Les créateurs d'entreprises et les entreprises souhaitant se développer peuvent également avoir recours aux prêts bancaires. Cependant, les banques ne sont pas les seules à proposer ces crédits.

Prêts bancaires

Si vos fonds propres ne suffisent pas à financer votre projet, les banques peuvent vous accorder un crédit professionnel. Ce dernier est plus difficile à obtenir que les autres types de financement car les banques sont souvent prudentes et exigent un dossier prometteur. Il s'agit néanmoins d'un crédit sûr qui atteste la viabilité économique de votre projet. L'obtention d'un prêt bancaire repose sur 3 éléments cruciaux :

  • Un projet fiable : Il faudra convaincre la banque que votre entreprise sera viable et que vous pourrez rembourser votre emprunt sans faute. Pour cela, vous devez établir un dossier complet et réaliste, avec notamment un business plan détaillé et convaincant.
  • Une répartition équilibrée entre les fonds propres et les capitaux empruntés : Cela permet une distribution équitable des risques entre la banque et le porteur du projet.
  • Des sources de financement variées : Cela va de pair avec le point précédent. Si les risques sont répartis sur différentes sources de financement, ils seront moins élevés pour chacun des investisseurs. Il s'agit également d'une preuve aux yeux de la banque que votre projet semble prometteur et qu'il a convaincu d'autres organismes de financement.

Les microcrédits

L'ADIE (association pour le droit à l'initiative économique) est une association française dont la mission principale est de permettre à tous les porteurs de projets d'accéder à des financements pour créer leur entreprise, notamment ceux dont la situation ne leur permet pas d'obtenir un prêt bancaire (les demandeurs d'emploi, par exemple).

En Polynésie française, l'ADIE compte plusieurs agences à Tahiti et dans les autres archipels. Elle offre à chacun la possibilité de débloquer des financements à hauteur de 1,4 million XPF, peu importe le statut et le secteur professionnel. L'association apporte également un suivi personnalisé pour chacun des projets qu'elle finance.

Comptes-courants d'associés

Les associés d'une entreprise peuvent « prêter » de l'argent à cette dernière si elle se retrouve face à un besoin en financement. Cette somme est intégrée au passif du bilan de l'entreprise dans ce qu'on appelle des « comptes-courants d'associés ». Cette créance est remboursable et peut être sujette à des intérêts. Ces comptes-courants sont considérés comme des « quasi-fonds propres » et renforcent la structure financière de l'entreprise.

SOFIDEP

La Sofidep finance seule ou en cofinancement avec les banques les projets de création d'entreprise, pour tous types de secteurs (à l'exception de la banque, l'assurance, l'immobilier et la grande distribution) en prenant en considération certaines spécificités liées à la géographie polynésienne, avec notamment le prêt aux archipels éloignés ou certains secteurs d'activité. Le Prêt d'Aide à la Création d'Entreprise - P.A.C.E. finance la création des TPE jusqu'à 5 millions F CFP.

Subventions

Des dispositifs d'incitations fiscales (aides, emprunts privilégiés, ...) sont proposés par le pays et l'État pour favoriser l'investissement et l'émergence de nouveaux projets.

La défiscalisation

La défiscalisation est une incitation fiscale visant à permettre à des contribuables à investir dans un projet entrepreneurial avec en contrepartie l'obtention d'un crédit d'impôt. Les entreprises peuvent également participer à un investissement direct, en investissant dans leur propre programme si elles dépendent de l'un des secteurs d'activité économique éligibles.

Incitations fiscales :

  • Défiscalisation LODEOM (Loi pour le Développement Économique des Outre-Mer) qui permet d'obtenir un apport de fonds auprès de défiscalisants métropolitains. Les demandes d'obtention se font auprès de cabinets de défiscalisation spécialisés ;
  • Défiscalisation locale pour les secteurs de la construction, pêche, industries agroalimentaires, et projets à vocation touristique auprès de la DGAE – Secrétariat des agréments Fiscaux ;

Subventions du pays gérées par la DGAE et la DGEN

Une grande partie des subventions du territoire sont instruites par la Direction Générale des Affaires Économiques (DGAE).

  • Aide à l'Équipement des Petites Entreprises (AEPE) pour l'acquisition d'équipements neufs et l'aménagement des locaux dédiés à l'activité. Subvention publique pouvant aller jusqu'à 50 % du montant de l'investissement HT dans la limite de 3 000 000 F CFP.
  • Aide à la création et à la revitalisation des Petits commerces et des Restaurants (APCR) pour les commerces et restaurants afin d'améliorer l'attractivité de leur point de vente. Subvention publique pouvant aller jusqu'à 50 % du montant de l'investissement HT dans la limite de 5 000 000 F CFP.

La Direction générale de l'économie numérique (DGEN) propose différents dispositifs destinés à soutenir financièrement les projets liés aux secteurs de l'audiovisuel, de la création cinématographique et numérique et du digital.

Autres subventions sectorielles du pays :

Selon le secteur d'activité de votre projet il existe un éventail de subventions gérées par différents organismes comme le service du tourisme, la direction de l'agriculture (DAG), la direction des ressources marines (DRM), le service de l'artisanat traditionnel, ...

Les primes des concours à la création d'entreprise

De nombreux concours et autres appels à projet sont régulièrement organisés à l'échelle nationale et locale afin de récompenser les projets entrepreneuriaux les plus innovants ou prometteurs. En plus d'apporter une aide parfois conséquente en cas de victoire, ces concours sont l'occasion idéale de faire connaître votre future entreprise et de développer votre réseau professionnel.

Le capital-investissement – private equity en anglais – est une forme de financement au travers de laquelle un investisseur décide d'apporter des fonds à une entreprise ayant un projet de création ou de développement contre une prise de participation au capital d'une société. Ce mode de financement répond à toute une variété d'enjeux et comporte des règles bien précises.

Les avantages du capital-investissement

Le capital-investissement apporte un complément de fonds propres au porteur du projet, ce qui lui permet non seulement de financer son projet entrepreneurial mais également de générer un effet levier auprès des banques pour débloquer un crédit si nécessaire. Il s'agit donc d'une alternative ou d'un complément au prêt bancaire. Le capital-investissement permet par ailleurs de consolider sa trésorerie sans pour autant augmenter son endettement. Enfin, les investisseurs, souvent expérimentés dans le monde de l'entrepreneuriat, peuvent ainsi apporter leur expertise et leur réseau. Ils interviennent au niveau de la stratégie sans jamais s'immiscer dans la gestion courante de l'entreprise.

Les différents types de capital-investissement

Le principe du capital-investissement est d'investir en fonds propres dans l'entreprise, avec en contrepartie pour l'investisseur l'obtention d'actions ou de parts sociales de l'entreprise. Selon le stade de développement de l'entreprise et sa santé financière, les investisseurs peuvent réaliser différents types d'opérations en capital-investissement.

Le capital-risque

Le capital-risque, également nommé capital-innovation, intervient lors de la création de l'entreprise ou dans les toutes premières phases de développement des jeunes entreprises avec un fort potentiel de croissance. S'il s'agit d'une opération risquée pour l'investisseur, elle peut également se montrer particulièrement lucrative.

Le capital-développement

Il permet aux investisseurs d'acquérir des titres auprès d'une entreprise ayant déjà une certaine maturité. Ces fonds servent à la croissance de l'entreprise (développement de nouveaux produits ou services, augmentation de la production, acquisition de nouveau matériel, embauche, etc.). Pour l'investisseur, le capital-développement présente moins de risques que le capital-innovation, puisque l'entreprise a passé la phase instable de démarrage et a déjà pu prouver sa rentabilité.

Le capital-retournement

Ce type de capital-investissement permet à une entreprise en difficulté de débloquer des fonds afin d'assurer sa survie et de se restructurer. Lorsqu'une entreprise est en situation financière périlleuse, il est quasiment impossible pour elle d'obtenir des financements auprès des banques. Le capital-retournement est le moyen idéal d'obtenir les fonds nécessaires pour permettre à l'entreprise de redémarrer sur des bases sereines. Par ailleurs, les investisseurs participent activement à la mise en place d'une nouvelle stratégie et aident ainsi les dirigeants à restructurer et pérenniser leur entreprise.

Le capital-transmission

Le capital-transmission intervient lors de la transmission ou de la cession d'une entreprise, notamment lorsqu'un actionnaire majoritaire souhaite revendre ses titres. Cet investissement fait souvent appel au leveraged buy-out (LBO), c'est-à-dire au rachat de l'entreprise par l'endettement d'une holding créée à cette fin.

Trouver des investisseurs

Les investisseurs peuvent être soit des particuliers, soit des institutions spécialisées. Il faudra les convaincre de la viabilité de votre projet ainsi que de ses perspectives d'évolution, notamment en leur présentant votre business plan.

Pour trouver un investisseur, plusieurs solutions s'offrent à vous :

  • Faire appel à des business angels, c'est-à-dire des investisseurs particuliers prêts à financer des sommes conséquentes généralement à partir de 1 000 000 F CFP avec des objectifs de rentabilisation importants. Il peut s'agir de personnes de votre entourage ou d'investisseurs appartenant à un réseau de business angels.
  • Faire appel à la Sofidep qui propose une offre de capital investissement. Pour en savoir plus sur notre accompagnement.